Taux d’intérêt: faible variation en 2007

Louis Tanguay

Le Soleil

Québec
L’écart entre les taux d’intérêt de court et de long terme au Canada devrait rester mince en début d’année et même dans un an.

Quand les économistes , Stéphane Marion (Financière Banque Nationale), François Dupuis (Mouvement Desjardins) et Carlos Leitao (Valeurs Mobilières Banque Laurentienne) comparaient leurs prévisions économique, mercredi dernier, on pouvait constater qu’ils étaient moins optimistes que la Banque du Canada (BdC) sur le taux de croissance de l’économie canadienne en 2007.

Le lendemain, la BdC commençait à revoir à la baisse son hypothèse d’évolution du produit intérieur brut.

 

 

 

Pétrole et inflation

Mais commençons par une donnée qui influence aussi les taux d’intérêt directeurs de la banque centrale, mais qui touche surtout le portefeuille de tout le monde: l’inflation.

Au pire, si votre revenu demeurait stable au cours de 2007, votre pouvoir d’achat ne devrait diminuer que de 2,1 %.

Les divergences de vues sur ce thème sont dominées par l’évolution du prix du pétrole brut. Pas surprenant, puisque l’essence et le mazout constituent une composante importante de l’ensemble des biens que vous achetez.

L’offre de pétrole se rétablit pendant que la demande mondiale diminue, signale Stéphane Marion pour qui le manque de discipline des pays exportateurs pour fermer leur robinet ramènera le baril à 46 $US.

Pour Carlos Leitao, la baisse récente du prix est liée, entre autres, au retrait des grands fonds de couverture (hedge funds). Mais la demande devrait reprendre à l’automne quand le ralentissement de l’économie américaine sera passé. Mais, entre-temps en baissant sa production, l’OPEP fait aussi baisser la “prime de risque” sur le pétrole en recréant une capacité excédentaire qui deviendrait utilisable en cas d’incident. D’où sa prédiction de 60 $US le baril en fin d’année.

Pour François Dupuis, la croissance du poids de l’Inde et de la Chine dans l’économie mondiale condamne le pétrole à un prix élevé qui pourrait osciller entre 50 et 75 $US, pour terminer l’année à 66 $US.

Le huard

Le prix du brut conditionnera aussi la valeur du dollar canadien en cours d’année.

Selon Stéphane Marion, le huard pourrait voler “sur place” en 2007 pour être encore dans la fourchette 85-87 ¢US en décembre.

Car la devise américaine devrait profiter d’une amélioration de la balance commerciale, malgré les coûts croissants de la guerre en Irak.

Mais l’impact sur votre budget de vacances pourrait varier selon la destination que vous aurez choisie. Le dollar devrait s’affaiblir face à l’euro et au yen.

De plus, soutient Carlos Leitao, le billet vert bénéficiera d’un différentiel de taux d’intérêt attirant les capitaux aux États-Unis.

Plus à l’étranger

Les Canadiens investissent davantage à l’étranger, mais les retours d’intérêt et de dividendes devraient ensuite améliorer la balance des comptes courants qui, à plus long terme et avec la baisse de la dette étrangère du Canada pourrait ramener notre dollar au-dessus des 90 ¢US en 2008-2009.

François Dupuis parle lui aussi de faiblesse temporaire, mais exclut la parité de change pour un avenir prévisible.

Tout cela nous ramène à des perspectives assez stables sur les taux d’intérêt.

Les autorités monétaires américaines ont peu de marge de manoeuvre et, si la Banque du Canada abaisse ses taux directeurs d’ici à l’été pour stimuler la reprise économique, cela n’amorcera pas un cycle baissier, dit Carlos Leitao. Ils devraient remonter à l’automne.

Un été sans baisse?

Advenant que la reprise serait déjà enclenchée, on pourrait même passer l’été sans baisse des taux directeurs. Un des risques importants reste l’évolution des prix des maisons en Alberta qui n’avait rien de comparable avec ce qui se passait dans le reste du pays en 2006.

L’inflation ne va nulle part

Enfin, pour Stéphane Marion l’inflation ne va nulle part à cause de la baisse anticipée du prix du pétrole, est surtout si on retire du panier de provisions les coûts de l’immobilier en Alberta.

Si les taux d’intérêt augmentent ailleurs dans le monde, l’économie canadienne ne promet rien de tel.

Dans un an, votre stratégie hypothécaire et vos attentes de revenus d’intérêt ne devraient pas avoir beaucoup changé, si on en croit les trois économistes.

 

Recherche par Benoit Brosseau

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