Archive pour février 2007

Atterrissage en douceur des mises en chantier d’habitations en 2007 et 2008

Jeudi 15 février 2007

OTTAWA, le 5 février 2007 – Après avoir atteint 227 395 en 2006, le nombre de mises en chantier de logements au Canada diminuera pour s’établir à 209 500 cette année. C’est ce que révèle le rapport Perspectives du marché de l’habitation, Canada du premier trimestre de 2007, publié par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Même si la construction résidentielle perdra de son entrain, cela fera six années de suite en 2007 que le nombre de mises en chantier dépasse le cap des 200 000. En 2008, il poursuivra sa descente et se situera à 195 500.

« L’activité ralentira encore, car la demande d’habitations pour propriétaire-occupant évoluera vers des niveaux plus susceptibles de se maintenir », a déclaré Bob Dugan, économiste en chef à la SCHL. « La majeure partie de la demande refoulée qui s’était accumulée durant les années 1990 s’est résorbée. Par ailleurs, la hausse des charges de remboursement hypothécaire causée par l’augmentation continue des prix et le léger relèvement des taux hypothécaires contribuera à modérer la construction résidentielle cette année et l’an prochain. »

Les ventes de logements existants que comptabilise le Service inter-agences® (S.I.A.®) sont demeurées près des records en 2006. Leur nombre descendra à 464 550 en 2007 puis à 449 200 en 2008. De même, après cinq années de croissance rapide, le prix S.I.A.® moyen augmentera plus lentement – de 5,9 % en 2007 et de 3,3 % en 2008 – puisque les marchés de revente se rapprocheront de leur point d’équilibre. C’est dans l’Ouest canadien qu’auront lieu les plus fortes hausses. En Alberta, le prix S.I.A.® moyen, qui avait bondi de 29,5 % en 2006, grimpera de 13,3 % en 2007. En Ontario et au Québec, il progressera respectivement de 3,2 et 4,1 %.

L’édition susmentionnée des Perspectives du marché de l’habitation présente également des prévisions relatives aux taux d’inoccupation pour certains marchés locatifs clés. Le taux d’inoccupation moyen des appartements locatifs dans les 28 principaux centres urbains du Canada a légèrement diminué. Il a fléchi de 0,1 point de pourcentage entre octobre 2005 et octobre 2006, pour s’établir à 2,6 %. La bonne conjoncture de l’emploi, l’afflux migratoire et l’écart grandissant entre les loyers et les frais de possession continueront d’exercer des pressions à la baisse sur la proportion de logements vacants. Néanmoins, encore beaucoup de ménages locataires seront tentés d’accéder à la propriété, si bien que le taux d’inoccupation ne bougera pratiquement pas. Il montera quelque peu pour atteindre 2,7 % en 2007 et s’y maintenir en 2008. À Calgary, le pourcentage d’unités vacantes restera bas (0,6 % en 2007 et 1,0 % en 2008) en raison de la vive demande de logements locatifs. À Montréal, marché locatif le plus considérable du pays, le mouvement d’accession à la propriété continuera de faire sentir ses effets, de telle sorte que le taux d’inoccupation des appartements poursuivra sa progression : il se situera à 3,2 % en 2007 puis à 3,5 % en 2008.

En Colombie-Britannique, la construction résidentielle perdra de sa vigueur, mais elle demeurera intense par comparaison aux observations passées. La grande confiance des consommateurs, l’augmentation de l’emploi et du revenu ainsi que le bilan migratoire positif se traduiront par une demande certaine de logements. Toutefois, à mesure que le marché de la revente se rapprochera de son point d’équilibre, la demande d’habitations existantes débordera moins sur le marché du neuf. En conséquence, de 36 443 en 2006, le nombre de mises en chantier descendra à 34 700 en 2007 et à 32 300 en 2008.

En Alberta, même si le dynamisme du marché du travail continuera d’attirer des travailleurs venant d’ailleurs au Canada, l’escalade des prix sur les marchés du neuf et de la revente calmera la demande de logements au cours des deux prochaines années. On s’attend à ce que le nombre de mises en chantier, qui s’était hissé à 48 962 en 2006, diminue pour s’établir à 45 500 en 2007 – son troisième sommet en importance – puis à 42 500 en 2008.

En Saskatchewan, l’amélioration du bilan migratoire, la vitalité du marché de l’emploi et la forte hausse du revenu sont de bon augure pour la demande d’habitations. Les mises en chantier, au nombre de 3 715 en 2006, devraient fléchir quelque peu et se chiffrer à 3 600 en 2007 de même qu’en 2008.

Au Manitoba, grâce aux importants volumes de construction non résidentielle, à la bonne conjoncture de l’emploi et à l’efficacité du Programme des candidats des provinces, qui vise à attirer des habitants d’autres pays, le nombre de mises en chantier restera appréciable. Il devrait se situer à 4 900 cette année puis à 4 750 l’an prochain, après avoir atteint 5 028 en 2006.

En Ontario, la décélération de la migration nette, le renchérissement des logements neufs, le choix élargi sur le marché de la revente et le manque de terrains auront pour effet de réduire le nombre de mises en chantier. De 73 417 en 2006, ce dernier passera à 67 000 en 2007 et à 62 750 en 2008 – résultats qui cadrent davantage avec la moyenne des quinze dernières années.

Au Québec, l’expansion économique et démographique demeurera modeste. Par ailleurs, la demande refoulée qui s’était accumulée pendant les années 1990 s’est résorbée. Le nombre de mises en chantier glissera donc de 47 877, son niveau de 2006, à 42 650 en 2007 et à 38 925 en 2008.

Au Nouveau-Brunswick, l’effet des gains réalisés par le secteur de l’énergie sera atténué par l’avenir peu prometteur du secteur manufacturier et de l’industrie du bois d’œuvre. La persistance des mouvements migratoires vers l’Ouest canadien et la croissance restreinte de l’économie ralentiront la progression de l’emploi. On s’attend à une baisse des mises en chantier, dont le nombre passera de 4 085 en 2006 à 3 700 en 2007 et à 3 600 en 2008.

En Nouvelle-Écosse, malgré la faible création d’emplois, la conjoncture économique continue d’être généralement favorable à la demande de logements, et ce grâce aux bas taux hypothécaires, à la grande confiance des consommateurs et à l’augmentation du revenu des ménages. Après avoir atteint 4 896 en 2006, le nombre de mises en chantier descendra à 4 650 cette année et à 4 400 l’an prochain, selon les prévisions.

À l’Île-du-Prince-Édouard, l’économie devrait se développer à un rythme modéré au cours des deux années à venir, et le taux de croissance de l’emploi se posera bien en dessous de 1 %. En conséquence, la construction résidentielle se repliera : on prévoit 675 mises en chantier en 2007 et 650 autres en 2008, alors qu’on en avait dénombré 738 en 2006.

À Terre-Neuve-et-Labrador, même si le taux de progression du PIB s’élèvera à 5,0 %, le nombre de mises en chantier diminuera : de 2 234 en 2006, il passera à 2 125 en 2007. Sous l’effet de pertes démographiques soutenues et du faible accroissement de l’emploi, il poursuivra sa glissade et s’établira à 2 050 en 2008.

La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) est l’organisme national responsable de l’habitation au Canada, et ce depuis plus de 60 ans. Elle veille à ce que les Canadiens aient accès à un large éventail de logements de qualité, à coût abordable, et elle favorise la création de collectivités et de villes dynamiques et saines partout au pays. Pour en savoir davantage, composer le
1-800-668-2642.

Renseignements sur ce communiqué :

Bob Dugan
SCHL
613-748-4009
bdugan@cmhc-schl.gc.ca

Perspectives nationales du marché de l’habitation
Indicateurs clés du marché de l’habitation

 2006
Chiffres réels 2007
Prévisions 2008
Prévisions
Mises en chantier d’habitations 227 395
 209 5001
 195 5001
 
Mises en chantier, maisons individuelles 121 313
 109 3001
 101 3001
 
Mises en chantier, logements collectifs 106 082
 100 2001
 94 3001
 
Ventes S.I.A.®2 483 3373
 464 5501
 449 2001
 
Prix de vente S.I.A.® moyen ($)2 276 3253
 292 6311
 302 1811
 

Perspectives provinciales du marché de l’habitation
Mises en chantier d’habitations

 2006
Chiffres réels 2007
Prévisions 2008
Prévisions
Terre-Neuve-et-Labrador 2 234
 2 125
 2 050
 
Île-du-Prince-Édouard 738
 675
 650
 
Nouvelle-Écosse 4 896
 4 650
 4 400
 
Nouveau-Brunswick 4 085
 3 700
 3 600
 
Québec 47 877
 42 650
 38 925
 
Ontario 73 417
 67 000
 62 750
 
Manitoba 5 028
 4 900
 4 750
 
Saskatchewan 3 715
 3 600
 3 600
 
Alberta 48 962
 45 500
 42 500
 
Colombie-Britannique 36 443
 34 700
 32 300
 

Source : SCHL, Perspectives du marché de l’habitation, Canada, premier trimestre de 2007.

1 Chiffres arrondis à la centaine près.
2 Service inter-agences® (S.I.A.®) est une marque de commerce enregistrée de l’Association canadienne de l’immeuble (ACI). Les données portent sur dix provinces.
3 Estimations.

Recherche par Benoit Brosseau

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Taux d’intérêt: faible variation en 2007

Jeudi 15 février 2007

Louis Tanguay

Le Soleil

Québec
L’écart entre les taux d’intérêt de court et de long terme au Canada devrait rester mince en début d’année et même dans un an.

Quand les économistes , Stéphane Marion (Financière Banque Nationale), François Dupuis (Mouvement Desjardins) et Carlos Leitao (Valeurs Mobilières Banque Laurentienne) comparaient leurs prévisions économique, mercredi dernier, on pouvait constater qu’ils étaient moins optimistes que la Banque du Canada (BdC) sur le taux de croissance de l’économie canadienne en 2007.

Le lendemain, la BdC commençait à revoir à la baisse son hypothèse d’évolution du produit intérieur brut.

 

 

 

Pétrole et inflation

Mais commençons par une donnée qui influence aussi les taux d’intérêt directeurs de la banque centrale, mais qui touche surtout le portefeuille de tout le monde: l’inflation.

Au pire, si votre revenu demeurait stable au cours de 2007, votre pouvoir d’achat ne devrait diminuer que de 2,1 %.

Les divergences de vues sur ce thème sont dominées par l’évolution du prix du pétrole brut. Pas surprenant, puisque l’essence et le mazout constituent une composante importante de l’ensemble des biens que vous achetez.

L’offre de pétrole se rétablit pendant que la demande mondiale diminue, signale Stéphane Marion pour qui le manque de discipline des pays exportateurs pour fermer leur robinet ramènera le baril à 46 $US.

Pour Carlos Leitao, la baisse récente du prix est liée, entre autres, au retrait des grands fonds de couverture (hedge funds). Mais la demande devrait reprendre à l’automne quand le ralentissement de l’économie américaine sera passé. Mais, entre-temps en baissant sa production, l’OPEP fait aussi baisser la “prime de risque” sur le pétrole en recréant une capacité excédentaire qui deviendrait utilisable en cas d’incident. D’où sa prédiction de 60 $US le baril en fin d’année.

Pour François Dupuis, la croissance du poids de l’Inde et de la Chine dans l’économie mondiale condamne le pétrole à un prix élevé qui pourrait osciller entre 50 et 75 $US, pour terminer l’année à 66 $US.

Le huard

Le prix du brut conditionnera aussi la valeur du dollar canadien en cours d’année.

Selon Stéphane Marion, le huard pourrait voler “sur place” en 2007 pour être encore dans la fourchette 85-87 ¢US en décembre.

Car la devise américaine devrait profiter d’une amélioration de la balance commerciale, malgré les coûts croissants de la guerre en Irak.

Mais l’impact sur votre budget de vacances pourrait varier selon la destination que vous aurez choisie. Le dollar devrait s’affaiblir face à l’euro et au yen.

De plus, soutient Carlos Leitao, le billet vert bénéficiera d’un différentiel de taux d’intérêt attirant les capitaux aux États-Unis.

Plus à l’étranger

Les Canadiens investissent davantage à l’étranger, mais les retours d’intérêt et de dividendes devraient ensuite améliorer la balance des comptes courants qui, à plus long terme et avec la baisse de la dette étrangère du Canada pourrait ramener notre dollar au-dessus des 90 ¢US en 2008-2009.

François Dupuis parle lui aussi de faiblesse temporaire, mais exclut la parité de change pour un avenir prévisible.

Tout cela nous ramène à des perspectives assez stables sur les taux d’intérêt.

Les autorités monétaires américaines ont peu de marge de manoeuvre et, si la Banque du Canada abaisse ses taux directeurs d’ici à l’été pour stimuler la reprise économique, cela n’amorcera pas un cycle baissier, dit Carlos Leitao. Ils devraient remonter à l’automne.

Un été sans baisse?

Advenant que la reprise serait déjà enclenchée, on pourrait même passer l’été sans baisse des taux directeurs. Un des risques importants reste l’évolution des prix des maisons en Alberta qui n’avait rien de comparable avec ce qui se passait dans le reste du pays en 2006.

L’inflation ne va nulle part

Enfin, pour Stéphane Marion l’inflation ne va nulle part à cause de la baisse anticipée du prix du pétrole, est surtout si on retire du panier de provisions les coûts de l’immobilier en Alberta.

Si les taux d’intérêt augmentent ailleurs dans le monde, l’économie canadienne ne promet rien de tel.

Dans un an, votre stratégie hypothécaire et vos attentes de revenus d’intérêt ne devraient pas avoir beaucoup changé, si on en croit les trois économistes.

 

Recherche par Benoit Brosseau

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