Évaluation foncière à Montréal: une note salée attend les propriétaires
Mercredi 13 septembre 2006HAUSSE MOYENNE DE 42% DANS L’ÎLE DE MONTRÉAL
Les propriétaires résidentiels de Montréal doivent se préparer à une forte hausse de l’évaluation foncière de leur maison qui progressera en moyenne de 42% dans l’ensemble de l’île, a appris La Presse de plusieurs sources.
Pour les neuf arrondissements de l’ancienne Ville de Montréal, les valeurs des résidences seront en hausse de 49% en moyenne, indique le maire de Dollard-des-Ormeaux (DDO), Ed Janiszewski. Dans la plupart des villes de banlieue, les hausses seraient légèrement en dessous de la moyenne générale de 42%,
confirmée par plusieurs élus municipaux. Il y a néanmoins des exceptions comme à DDO où la hausse moyenne est de 47%.
Le responsable des finances au comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, a refusé d’accorder une entrevue hier.
En avril dernier, il avait annoncé que le rôle d’évaluation connaîtrait une hausse allant de 25 à 45%. Il avait alors déclaré que la Ville abaisserait ses taux d’imposition pour limiter les hausses de taxes. L’application des nouvelles valeurs foncières seraient aussi étalées sur trois ans, avait-il indiqué.
Ces mesures laisseraient tout de même plusieurs propriétaires avec des hausses d’impôt foncier. Les contribuables avec des hausses de valeurs foncières plus fortes que la moyenne verront leur compte de taxe augmenter. À l’inverse, les contribuables avec des hausses plus faibles obtiendront un répit. Ce phénomène s’était produit lors du dépôt du dernier rôle d’évaluation en 2003.
Dans le rôle précédent, la hausse moyenne était de 29% pour le secteur résidentiel. La Ville de Montréal avait alors abaissé ses taux d’imposition d’un pourcentage équivalent. Il y avait quand même eu plusieurs hausses dans les arrondissements les plus touchés par l’effervescence immobilière. C’était le cas du Plateau-Mont-Royal, de Notre-Dame-de-Grâce et de plusieurs secteurs de l’Ouest-de-l’Île.
Le prochain rôle triennal d’évaluation foncière de la Ville de Montréal reflétera l’évolution de la valeur des propriétés entre le 1er juillet 2002 et le 1er juillet 2005. Il comprendra les valeurs des propriétés des 15 villes défusionnées et de la Ville de Montréal. Les nouvelles valeurs s’appliqueront à compter du 1er janvier 2007.
Le journal Les Affaires a récemment calculé avec la firme JLR Recherche que l’augmentation moyenne des copropriétés et des «plex» serait de 48%. Les maisons unifamiliales augmenteraient quant à elle de 42%, selon des estimations basées sur les transactions immobilières.
Selon cette étude, les plus fortes progressions des valeurs foncières seraient à Pointe-aux-Trembles, Saint-Michel, Rosemont, Hochelaga, Pointe-Saint-Charles, Saint-Henri, Émard, Verdun, LaSalle et Lachine. Dans ces secteurs, l’augmentation dépasserait 60%. Les plus faibles augmentations se retrouveraient à Mont-Royal, Côte-Saint-Luc, Montréal-Ouest et à L’île-Bizard avec des variations allant de 20 à 35%.
Plusieurs élus municipaux se montrent maintenant inquiets pour l’impact du rôle d’évaluation sur le compte de taxes scolaires. En vertu de la loi, le taux de la taxe scolaire est fixe, ce qui augmentera la facture. Les commissions scolaires ne peuvent pas non plus échelonner la hausse de la taxe scolaire sur plusieurs années ou faire payer les propriétaires en plusieurs versements. Le dernier compte de taxe scolaire à Longueuil avait semé l’émoi en juin dernier avec des hausses allant au-delà de 50%.
L’administration Tremblay-Zampino a d’ailleurs déposé une motion hier soir demandant à Québec de plafonner les hausses de taxe scolaire. Une motion semblable sera présentée au conseil d’agglomération jeudi prochain. Une porte-parole du ministre de l’Éducation Jean-Marc Fournier a indiqué qu’une table de concertation Québec-commissions scolaires a été mise sur pied pour trouver, entre autres, une façon d’amoindrir le choc foncier. Des résultats sont promis pour 2007.