L’économie canadienne demeurera vigoureuse en 2006, d’après les économistes à 16h38 HAE, le 22 juin 2006
Vendredi 30 juin 2006MONTREAL (PC) - L’économie canadienne n’a à peu près jamais été aussi en santé qu’aujourd’hui et nulle tempête n’est à prévoir d’ici la fin de l’année, soutiennent les économistes qui s’attendent à une croissance d’au moins 3 pour cent pour 2006.
D’après Clément Gignac, de la Banque Nationale, “on a peut-être les meilleurs ‘fondamentaux’ qu’on ait jamais observés depuis 50 ans”. Cela s’accompagne cependant d’importantes disparités régionales puisque les matières premières ne sont pas réparties également entre les provinces.
L’économiste montréalais prédit une croissance de 3 pour cent pour le pays cette année. La progression la plus rapide devrait être enregistrée à Terre-Neuve-et-Labrador avec 6 pour cent d’augmentation du PIB. Le Québec fermera la marche avec une hausse modeste d’environ 2 pour cent.
“On n’a pas fini d’entendre parler de péréquation”, a-t-il souligné dans une conférence sur Internet.
Ses prévisions sont moins optimistes que celles de Craig Wright, vice-président et économiste en chef de la Banque Royale, qui s’attend à une croissance de 3,3 pour cent pour le Canada et de 2,5 pour cent pour le Québec cette année.
Les deux experts s’accordent toutefois pour dire que le secteur manufacturier, concentré dans le centre du pays, devrait continuer à souffrir de la vigueur du dollar. Clément Gignac pense même qu’on pourrait assister à la disparition d’autres emplois dans la fabrication.
Il convient de souligner que le stratège de la Financière Banque Nationale voit le dollar à parité avec la devise américaine d’ici 18 mois. A son avis, le Canada demeurera un refuge pour les investisseurs, surtout si l’immobilier se dégonfle aux Etats-Unis.
Pour éviter d’encourager l’inflation, la Banque du Canada n’aura probablement d’autre choix que de recommencer à hausser les taux, une politique “controversée” qui va contribuer à soutenir la devise.
Les investissements consentis ces derniers mois devraient malgré tout permettre aux entreprises exportatrices de tirer leur épingle du jeu. “On ne fera pas faillite demain, même si le dollar reste à 0,90 $ US”, a insisté M. Gignac.
Craig Wright ne fait pas du tout la même lecture de la situation actuelle. Selon lui, le dollar canadien devrait plutôt perdre un peu de vigueur et retomber à environ 0,81 $ US dans la deuxième moitié de l’année.
Grisaille aux Etats-Unis
Pour le vice-président de la RBC, cela pourrait permettre à l’économie canadienne de coiffer celle des Etats-Unis au fil d’arrivée.
M. Craig prévoit que les deux pays connaîtront une croissance comparable en 2006. L’année suivante, le PIB du Canada devrait toutefois progresser de 2,9 pour cent, soit plus que celui des Etats-Unis dont l’augmentation devrait tourner autour de 2,7 pour cent.
Encore une fois, Clément Gignac est plus pessimiste. Pour 2007, il s’attend en effet à une progression d’au plus 2,4 pour cent de l’économie américaine.
La Banque Nationale s’inquiète de plus en plus “sérieusement” du comportement du consommateur américain “qui reste au rendez-vous même si son bilan se détériore” et qui utilise sa maison “comme un guichet automatique” à coup de refinancements hypothécaires.
Selon M. Gignac, l’essoufflement des ménages pourrait entraîner un important ralentissement au sud de la frontière d’ici deux ans. Cela ne serait pas sans conséquences sur les économies asiatiques, dont celle de la Chine, qui dépend de plus en plus du marché américain.